Notre
consentement d'adulte, à vivre Maitre ou esclave, fait partie de notre liberté
d'être nous même. Cette liberté de vivre notre intimité en tant que Maitre /
esclave comme nous le souhaitons demeure tout de même hors norme.
La
question du respect de la norme sociale n'est pas une question : son respect
est une obligation de tranquillité et de paix. Nous respectons la norme sans
forcément nous y conformer et ce, particulièrement dans notre intimité ou en matière de
sexualité. Le premier sexologue venu le confirme en permanence, en matière de
sexualité aucune norme ne peut être revendiquée par personne, la sexualité "normale"
n'existe pas : c'est un mythe, même s'il a la vie dure.
“Ma
liberté s’arrête où commence celle des autres” est une des règles de la
pression sociale. Comme les blousons du même nom, elle est réversible : la
liberté des autres s'arrête où commence la mienne. Cette liberté est ma liberté
sociale, celle qui engage le respect : celui que je dois et celui que les
autres me doivent.
Quoique...
Il suffit de sortir dans la rue pour comprendre que ma liberté sociale est tout
de même assez limitée. Des milliers de messages publicitaires, d'informations,
conçus pour attirer mon attention entrent sans cesse dans mon esprit. Je ne
peux pas fermer les yeux et mes oreilles n'ont pas de paupières. Le comble de
l'ironie est que souvent ces publicités me parlent de liberté... A tel point
que je ne sais même plus ce qu'est la liberté. Ah si : la liberté est celle d'acheter,
de choisir tel ou tel opérateur téléphonique par exemple…
Sans cesse
tous ces messages piétinent allègrement ma première de mes libertés : celle de
penser ce que je veux. Ces messages injectent en permanence une sorte de drogue
qui occupe mon esprit, qui ne me laisse jamais la liberté de penser sans
effort, de laisser venir à moi les sensations, les inspirations, les amis...
Un exemple
: prendre son petit déjeuner tranquille à l'hôtel impose désormais de ramener
le plateau dans sa chambre. Dans les salles du petit déjeuner, l'écran plat de
la télévision est branché sur les informations. Dès le réveil toute la boue du
prêt à penser de la télévision est obligatoirement servie à chacune des
personnes présentes. Observez les enfants présents si vous êtes en période de
vacances : ça fait peur. Demandez à ce que cette télé soit éteinte et observez
les réactions autour de vous. Vous allez vous attirez des ennuis.
Vive les
câlins privés de la chambre à coucher, dernier lieu de l'intimité même mentale.
Notre
intimité serait donc notre dernier espace de liberté ? Notre ultime liberté ?
Pour nous
Maitre Maitresse ou esclave cette ultime liberté s'exprime par notre choix
consenti de vivre dans notre intimité tel que nous nous reconnaissons.
Oui, nous
pouvions le croire. Avant.
Et c'était
même assez plaisant voire romantique : notre intimité consentie, le dernier
espace de liberté explicite du monde !
Avant.
Avant
Edward Snowden.
Avant nous
pouvions encore croire que notre ultime liberté dans ce monde ultra surveillé
était est celle de notre intimité, probablement le dernier espace nous
appartenant en privé.
Ce n'est
désormais plus possible.
Nous avons
eu confirmation, tous, que l'ensemble des messages téléphoniques et internet
que nous avons échangés avec nos proches depuis plus de cinq ans sont stockés
et le sont toujours quelque part.
Notre
liberté et surtout notre intimité en a pris un sacré coup.
Et
personne pour réclamer que tout ceci soit effacé immédiatement par la justice.
Personne.
Personne,
donc tous consentants.
Dans ce
monde, le notre en 2014, empoisonné à grande échelle, les mensonges d’états
sont plus gros que les tours du 11 septembre.
La
propagande des guerres à ennemis interchangeables est celle que que Orwell a vu
dans son roman 1984.
Dans ce
monde, celles et ceux qui choisissent de vivre en eux même sincères dans la
découverte d’eux même, ceux là témoignent, même modestement, de grandeur, de
dignité ou plus simplement d'honnêteté, au moins vis à vis d'eux mêmes.
Nombreux
sont celles et ceux qui se sont engagés à l'écoute d'eux même et pas seulement
dans le sens de relations Maitre / Maitresse / esclave.
Nombreux
et nombreuses sont celles et ceux qui sont fidèles au choix de vivre leur
intimité telles qu'ils ou elles le souhaitent. Cela relève de l'intimité,
personne n'en saura rien à part la ou les personnes directement concernées.
Désormais,
nous savons tous que notre intimité n'existe plus.
Qu'un jour
peut être nous aurons à nous justifier de ne pas vivre comme il est dit que
nous devons vivre au nom de je ne sais quelle principe de précaution, de
sécurité (nous y voilà !) rendu obligatoire par des monstres financiers que
sont devenus les assurances par exemple.
Ici, là
précisément, la question n'est plus comment mais pourquoi.
Pourquoi
notre intimité est elle ainsi violée ? Pour le confort ? C'est faux, le confort
proposé aujourd'hui n'est que destruction des espaces vitaux, abrutissement
massif, précarité et peur du lendemain pour tous, même pour les plus riches.
Pourquoi ?
Il n'est
pas question de faire son "coming-out" et d'expliquer que oui,
monsieur obéit et sert Madame en permanence.
Il n'est
pas question de sortir pour militer et réclamer je ne sais quel droit afin de
porter encore des affaires privées sur la place publique afin que les affaires
publiques soient traitées en secret par des gens non élus plus puissants que
les parlements.
L'intimité
doit rester l'intimité dans toute sa variété, dans toute son humanité.
Cela ne se
voit pas en public, que les fesses de monsieur portent fièrement les marques
des coups de cravache de Madame, cela fait partie de leur intimité et mérite le
plus strict respect dans la discrétion la plus stricte…
Pas
question de s'exposer.
C'est de
l'intime, du bien être, évidemment, de l'humain, de la joie de vivre et de la
santé.
Serait il
préférable que monsieur prennent des pilules pour oublier, que Madame prenne
des pilules pour oublier ?

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